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L’après-midi nous retrouvons, comme l’année dernière, Monsieur Bozons, pour le cours de math. Fiches individuelles, rappels des règles, et hop, on commence.

« Nous allons nous transformer en devins, dit-il. Mais ici pas de formule magique comme azinus, azinum fricat »

J’en sais quelque chose puisque Papa m’abonné à une revue mensuelle dans lequel je peux apprendre des tours de magie. J’ai beaucoup aimé celui-ci, parce que je peux le refaire facilement. Il s’agit de deviner un nombre ; et quand on sait comment cela fonctionne, rien de plus simple.

L’exercice de Monsieur Bozons est tout aussi étrange. Il nous donne 3 nombres et nous devons deviner quel est le quatrième :

Cela ressemble bien au travail de l’année dernière. Pas de quoi s’inquiéter.

La première question me semble inutile, je dois multiplier le prix d’un cahier par le nombre de cahiers pour connaître le prix total.

La deuxième n’est pas bien difficile non plus. Une division à peine plus difficile que les divisions euclidiennes que Monsieur Aleffin nous faisait faire en sixième. Celles qui tombaient justes. Pour cette deuxième question, le résultat est un nombre à virgule, un décimal parait-il.

Pour la troisième question, ce n’est pas tant le calcul qui me semble étrange, que l’idée d’acheter 15 kg de bananes. Peut-être s’agit-il d’un commerçant. Ah ! Oui, il y a une différence avec les deux questions précédentes, cette fois on connait trois nombres et il faut en deviner un quatrième. C’est bien ce que  Monsieur Bozons avait annoncé. Alors, 5kg de bananes coûtent 10 €, donc, avec la formule de la question précédente, 1 kg de bananes coûte 2 €, et en faisant comme dans la première question, 15 kg coûtent 30 €. Trop facile ! Est-ce que cela cache quelque chose ?

Je décide de donner une réponse fausse pour savoir ça marche. et voila ce qu’il m’affiche :

J’avais trouvé le bon prix mais pas avec la bonne formule. C’est embêtant. Est-ce que j’ai bon quand même ?

Voyons la quatrième question. Elle ressemble beaucoup à la troisième : « La hauteur d’une pile de 15 cubes identiques est de 45 cm. Quelle est la hauteur d’une pile de 27 cubes ? ».

Difficile de copier sur la question précédente, parce que 27 diviseé par 15 ne tombe pas juste. Si j’essaye d’utiliser ma méthode, 1 cube mesure 45 \div 15 = 3cm et donc une pile de 27 cubes mesure 3 \times 27 = 81 cm. Voyons la correction.

Alors là, je me frotte les yeux. J’ai trouvé le bon résultat en utilisant ma méthode et c’est encore une autre formule qui est proposée. En plus, je ne trouve pas cette correction très claire. … Félicitez-moi parce que j’ai passé une bonne demi heure à essayer de comprendre ce que le prof avait derrière la tête avec cette correction. Et je crois avoir trouvé : 45 est divisible par 3 et 27 aussi. C’est pour cela que l’on peut utiliser la hauteur de 3 cubes pour calculer la hauteur de la pile de 27 cubes.

J’ai l’impression que les réponses ont pour but de me forcer à me poser des questions. Bon, passons à la question suivante.

«  J’ai vu un lot de 6 crayons identiques affiché à 30€ et un lot de 10 de ces mêmes crayons affiché à 50€. Combien y a-t-il de crayons dans un lot à 80 € ?

Cette fois je vais lire l’aide. Mais comment trouver lequel des cinq exemples choisir. Cela ressemble au jeu des 7 erreurs que je vois sur les boites de céréales le matin et aussi au jeu sur le tableau de Jerôme Bosh que j’avais vu l’année dernière. Ça y est j’ai trouvé, c’est le quatrième, parce qu’il y a deux lots de crayons comme il y a deux paquets de pommes.

Encore une méthode différente :

Et donc puisque le prix total égale à la somme des 2 lots, le nombre de crayons est égal au total des crayons : 16 crayons.

Les questions suivantes ressemblent à la question des cubes, mais cette fois il y a une calculatrice pour faire des opérations avec des nombres à virgule. Facile.

Quelle prise tête ! Est-ce que tout le monde est tenu de faire tous ces calculs ?

Par curiosité je suis allé lire le dernier exemple de l’aide :

Et comme je ne comprenais pas vraiment cette histoire de « produit en croix » j’ai cherché sur internet, et j’ai trouvé cela :

Alors, là, les erreurs me sautent aux yeux ! Et du coup, j’ai l’impression de mieux comprendre.

Je sens bien que derrière tout cela il y a comme une idée commune, d’ailleurs c’est ce qu’indique le bandeau vert tout en haut de l’exercice :

Cependant, je ne parviens pas à la dire en quelques mots ; l’idée se révèle à peine, comme un parfum insistant mais inconnu. Et aussi cela me fait penser à ce que disait Madame Coluthe à propos de la comparaison :

La comparaison consiste à comparer deux éléments qui ont des points en commun. Elle est toujours composée d’un mot qui permet de lier ces deux éléments et que l’on appelle un outil comparatif : comme, tel, plus que, moins que, ainsi que, etc.

« Sophie est timide et devient vite rouge comme une tomate. »

Grâce à l’outil comparatif « comme », la comparaison exprime clairement les points communs entre le rouge du visage de la jeune femme et la tomate. On dit « devenir rouge comme une tomate » car, lorsqu’une personne ressent une forte émotion, son visage peut rougir.

Je pense que tout cela est bien confus et je voudrais bien y voir un peu plus clair. En rentrant, ce soir, j’en ai parlé à Monsieur Narthex et comme je lui répétais la phrase de Monsieur Bozons : azinus, azinum fricat » il me dit que cette formule magique n’est que l’expression en latin d’une phrase d’Aristote : τὸ ὅμοιον πρὸς τὸ ὅμοιον. Pour ce qui est du latin, dit-il tu crois comprendre facilement. Au sens propre : Les ânes, réputés pour leur imbécilité, se frotteraient donc l’un à l’autre lorsqu’ils se reconnaissent. Au sens figuré : Deux imbéciles qui se côtoient auraient donc tendance à se congratuler entre eux. En grec, cette idée est plus abstraite : le semblable va nécessairement au semblable . Tu vois ajoute-t-il c’est en traduisant et en commentant que tu peux expliquer et comprendre autant en français qu’en mathématiques.

Oui, ai-je dit, mais comment fait-on pour traduire ?

En attendant de poursuivre cette enquête, voici l’explication du tour de magie Big Ben